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Jeune conservateur, Mathieu Bock-Côté

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Auteur de La dénationalisation tranquille, un ouvrage sur l’évolution de l’identité québécoise, Mathieu Bock-Côté est un sociologue d’allégeance conservatrice.
Fervent moudjahid de l’antimulticulturalisme, il assure qu’il n’est ni xénophobe ni raciste. Migration dans l’esprit d’un jeune homme qui souhaite qu’on scelle la fleur de lys sous une cloche de fourrure.
Depuis la Commission Bouchard-Taylor, on utilise le mot « multiculturalisme » à toutes les sauces. Toi, t’en penses quoi??
Le plus grand mal. C’est un système politique qui déconstruit les nations et transforme la communauté d’accueil en une communauté parmi tant d’autres. Ce qu’on a tendance à oublier, au nom du multiculturalisme, c’est que le nouvel arrivant doit lui aussi accepter de faire des sacrifices. Les immigrants peuvent nous apporter un peu de leurs coutumes et de leurs expériences, mais il y a des limites. Par exemple, penser à intégrer la burka dans notre société, c’est inacceptable.
Come on, on ne voit pas tant de burkas au Québec…
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Non, mais il faut faire attention. En France non plus on n’en voyait pas il y a 10 ans et maintenant, il y en a. Quand on cherche à tout prix à maintenir des marques de différenciation, ça pose problème. Il ne faut pas associer ouverture à l’autre et multiculturalisme. Ce serait confondre l’ouverture à l’autre et le reniement de soi.
Mais qu’est-ce qu’on renie exactement?? C’est quoi l’identité québécoise??
D’abord et avant tout, c’est une expérience historique. C’est quatre siècles d’Amérique française, une histoire, une culture singulière et la langue française. C’est aussi la capacité qu’on a eue, à partir de cette langue, à générer une littérature, une culture, des symboles et une tradition musicale.
Bref, le peuple québécois se caractériserait surtout par son passé??
Non, mais c’est grâce à ce passé qu’on se distingue, que le Québec n’est pas le Manitoba ou le Wisconsin. Il faut être fidèle à notre héritage, pour accéder à la plus grande autonomie possible.
En ce sens, que penses-tu de la manière dont nos ancêtres se sont « intégrés » à leur communauté d’accueil, c’est-à-dire les Autochtones??
Je ne crois pas qu’on puisse réécrire l’histoire à partir d’un catéchisme moral. C’était une époque plus brutale, donc on ne doit pas avoir honte de ce moment. Il faut arrêter de diaboliser à l’excès notre rapport à l’histoire amérindienne.
En terminant, comment envisages-tu l’avenir du Québec??
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Aujourd’hui, les élites québécoises, dans l’esprit de la mondialisation, disent que nous appartenons à la modernité et au cosmopolitisme universel, mais en vérité, depuis le deuxième référendum, le Québec a simplement une mauvaise conscience identitaire et il est en train de se déraciner de sa propre histoire. Il faut réaffirmer la légitimité de la nationalité québécoise.
Tiens donc, ça ressemble au projet d’identité nationale de Pauline Marois… Comment est-on censé réaliser ça au juste??
Ça implique entre autres que les nouveaux arrivants devraient apprendre à dire « nous » avec la majorité francophone. Le « nous » ne réfère pas seulement aux communautés d’immigrants du Québec, mais à l’ensemble des habitants de la province. Ils doivent également reconnaître que le Québec est une société avec sa réalité historique, ses débats, son patrimoine. Et si la première génération n’est pas assimilée, on s’attend au moins à ce que la deuxième le soit.